NEV (Nègres en Vente)

Metteur en scène et performeur : Guy Régis Jr

Assistante à la mise en scène et créatrice sonore : Hélène Lacroix

 

Production : Nous Théâtre

 

Partenaires : Centre Intermondes, Bourse SACD Beaumarchais, FOKAL (Fondation connaissance et liberté), Sur le Pont - Centre National des Arts de la Rue et de l'Espace Public en Nouvelle-Aquitaine, Musée du Nouveau Monde de La Rochelle, Département Charente-Maritime.

 

Avec l’accompagnement de la Médiathèque Michel Crépeau, du Musée du Nouveau Monde, du Musée Maritime, des Archives départementales et municipales, de la Radio RCF, de Coolisses, de l’Office du tourisme de La Rochelle.

Crédit photo Carla Plantier

Registre d’esclaves vendus, extraits de textes d’archives, installation sonore et performance théâtrale, Guy Régis Jr et Hélène Lacroix interrogent nos rapports avec l’esclavage, la colonisation et l’histoire contemporaine.

 

NEV (Nègres en Vente) se décompose en deux dispositifs distincts :

* une oeuvre sonore, composée de plusieurs pistes sonores réalisées à partir de documents d'archives du 18e siècle concernant la traite humaine - pour des musées, médiathèques, installation sonore en espace public.

* un parcours sonore et performance,  pour offrir aux spectateurs une pleine immersion par les sens - installation possible dans divers types d'espaces rendus obscurs, galeries, anciennes demeures, tours, sous-terrains, succession de pièces et couloirs. 

"A partir d'un travail de recherche dans les archives (Journal de St Domingue, Gazette de St Domingue, Affiches américaines) nous cherchons à faire revivre la traite d'esclaves à Saint Domingue entre 1680 et 1800. Ce travail de mémoire vise à redonner vie, corps et nom à tous ces inconnus ayant subi le commerce triangulaire sur l’île de Saint Domingue.

 

Représenter, comme dans un film, l’univers mental et physique de la traite d’esclaves à travers des capsules sonores que nous avons créées, en fouillant dans les registres d’esclaves, et à partir d’enregistrements dans l’Haïti d’aujourd’hui et à la Rochelle, ville au passé négrier où a été élaboré ce travail. En parallèle des diffusions sonores, mon corps, présent dans l’espace sert de passeur, de voix pouvant transmettre ces mots in situ au public, passeur de cette longue traversée et de ces milliers de vies oubliées. Les textes d’archives s’entrecroisent, la création sonore prend le relais pour accompagner les spectateurs dans ce voyage.

 

L’installation sonore peut être réalisée et adaptée à plusieurs types d’espaces, mais notamment des espaces totalement obscurs et inhabituels pour les publics. Nous créons un parcours sonore adapté à chaque lieu qui plonge le spectateur des siècles en arrière et le questionne sur cette traite humaine qui a perduré pendant des siècles.

 

Le devoir de mémoire, bien entendu, est à la base d’un tel projet. Comment interpeler les gens dans leur préoccupation quotidienne, sur un sujet aussi crucial ? Arriverons-nous à les arrêter, les interroger ? Qu’ils écoutent. Beaucoup, voire plusieurs générations, ignorent catégoriquement cette part de l’histoire, leurs conséquences actuelles. Certains, par exemple, ne savent pas bien pourquoi les haïtiens parlent français. Devoir de mémoire seulement ?"

Guy Régis Jr

CALENDRIER

> Sept 2018 : sortie de résidence - Parcours sonore et performance - Maison Henri II, La Rochelle 

> Sept 2018 : Performance suivie d’une rencontre avec Guy Régis Jr et l’historien Marcel Dorigny - Musée du Nouveau Monde, La Rochelle

> Oct 2018 : Mise à l’écoute de l'oeuvre sonore - Médiathèque de Rochefort

> Oct 2018 : Diffusion sonore et performance en espace public - CNAREP Sur le Pont, festival Fêtes le Pont, La Rochelle

> Fév 2019 : Parcours sonore et performance Eden, Saint-Jean d’Angely

> Oct 2019 : Parcours sonore et performance - Tournée en Colombie - Alliances Françaises de Cali, Carthagène, Santa Marta, Baranquilla, Banco de la Republica de Cali dans le cadre du Festival du Livre de Cali.

Œuvre sonore présente dans la collection permanente du Musée du Nouveau Monde de La Rochelle

Retours de la directrice de l'Alliance française de Cali, Colombie : 

"Ce qui personnellement m'a marqué, ce sont les sensations ressenties : 

Être dans l'obscurité empêche de (re)connaître son environnement : où vais-je ? qui me frôle ? y a-t-il un danger sur mon chemin ? combien de temps ça dure ? 

Les sons : je ne vois pas mais j'entends. Mais ce sont des sons qui ne font pas partis de mon quotidien : me font-ils peur ? Sont-ils angoissants ? J'entends le bois qui craque, les vagues, je suis dans un bateau, au fond d'une cale perdue au milieu de l'océan. J'ai le bruit mais pas l'image, c'est perturbant. 

La dernière étape : je vois un homme, recroquevillé, peu habillé, fatigué, et révolté. Peut-être que je suis spectatrice, debout, et je regarde la performance... mais je peux aussi m'asseoir, fermer les yeux, ressentir et souffrir. 

Alors, je comprends, j'éprouve moi aussi cette douleur, cette peur, je comprends que je suis vulnérable, que ma vie ne vaut rien, que je dépend du caprice d'un homme, d'un caprice de la mer, d'un caprice de l'histoire. 

 

Le débat est essentiel pour justement laisser l'opportunité au spectateur de narrer son ressenti. Le témoignage est salutaire. Ensuite, pour interroger l'artiste et mettre des mots sur cette expérience unique. Pour comprendre. Pour apprendre."

Crédit photo Carla Plantier

© Hélène Lacroix / Guy Régis Jr
 

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