MOI FARDEAU INHERENT

Texte et mise en scène Guy Régis Jr

Interprétation Nanténé Traoré

Scénographie Jean-Christophe Lanquetin

Création sonore Christophe Séchet

Création lumières Maryse Gautier

 

Production et diffusion NOUS Théâtre 

Coproduction Le TARMAC de la Villette, NOUS Théâtre

Avec le soutien de la Fondation Connaissance et Liberté d’Haïti (FOKAL), du Théâtre de l'Echangeur à Bagnolet

Avec l’aide nationale à la création du Centre National du Théâtre

Une femme attend en dessous d’une fenêtre, dans la nuit - il pleut sauvagement. 

 

Ombre. Prétexte. Fantôme. Peut-être ? Frêle apparition qui parle et dit sa déchirure, sa blessure à jamais ouverte‚ le secret longtemps gardé dans son corps flétri‚ son fardeau.


À fleur de mots‚ une silhouette dans la nuit‚ avec des paroles de lune dans une pluie opaque.


Elle évoque le temps d’avant. Elle attend le temps de la vengeance. Elle attend l’homme‚ cette charogne. Elle l’attend avec‚ dans sa main‚ l’orage et le glaive.

Déjà à mon arrivée,

tous ces hommes braves ont fui

Ils ont couru partout se jeter

 

Je suis arrivée ainsi,

en habit d’homme,

mes bras apprêtés au combat

mon gun enserré dans la main

 

Ainsi qu’ils m’ont vue,

ont posé leurs yeux sur moi

la femme échevelée,

et ont fui

Poussant d’horribles cris de frayeur

Ces hommes ont fui

 

Hey ! Maman, les voisins !

Hey ! Je ne suis plus moi-même

Voyez, hey, je ne suis plus moi-même.

 

Je suis celle qui vient, celle qui vient pour les terrasser tous.

 

Après ? Après, ces hommes n’existeront plus. Il n’y en aura plus de la sorte.

 

Voyez !

Hey, hey !

Tous ces braves hommes ont vidé les espaces, ces lâches.

 

Et, pfft !

Comme de pauvres petits chevaux effrayés,

dévalant les rues éperdument.

Ils ont fui.

Ils ont fui devant moi.

Celle qui dans les moments ordinaires

on aurait esquivé des yeux.

Celle qui ne serait rien.

Qu’un faible vent.

 

Frêle tourbillon qui passe, qui tourne, tourne indolent. Et qui passe.

 

Extraits de Moi, fardeau inhérent, Editions

Les Solitaires Intempestifs, 2011.

Univers d'apparition et de disparition. De trouble. De la lumière surgissant de l'obscur. Du son tellurique en résonance avec une voix dont on vit les moindres souffles.

 

Un parti pris esthétique sans emphase mais purement dévoilé.

Une troublante traversée.

CALENDRIER

> 2 représentations à Washington

> 2 représentations au Théâtre universitaire Ca’foscari, Venise, Italie : 2 fois

> du 25 mai au 5 juin 2010 - Le Tarmac de la Villette

>> "Guy Régis Jr croit aux pouvoirs telluriques du théâtre et il a raison. Il donne là un texte puissant qui remue la langue comme une boue pour y trouver son or."

Jean-Pierre Thibaudat, Rue 89

 

 

>> "Le sujet est difficile, oui, il peut heurter."

Sheila Louinet, Le Monde.fr, les Trois coups.com

 

 

>> "On ne saurait placer la barre plus haut : en scène, une femme, seule, dans une pénombre qui confine à l'obscurité, parle. Et il en sera ainsi jusqu'au bout."

Jean-Pierre Thibaudat, Rue 89

© Hélène Lacroix / Guy Régis Jr
 

  • Facebook