LES CINQ FOIS OU J'AI VU MON PERE

Interprétation : Christian Gonon de la Comédie Française / Guy Régis Jr

Texte / mise-en-scène : Guy Régis Jr

Assistante à la mise-en-scène / création sonore : Hélène Lacroix

Dessins animés : Raphaël Caloone

Régie Générale : Sam Dineen

Production NOUS Théâtre

Coproduction Théâtre Ouvert Centre National des Dramaturgies Contemporaines, l’Artchipel Scène Nationale de Guadeloupe, Tropiques Atrium Scène Nationale de Martinique

Avec le soutien financier de l’Institut français à Paris, de la Ville de Paris, de la Région Ile-de-France, de la DRAC Ile-de-France

Et le soutien de l’ONDA, du Théâtre de la Tempête, du Théâtre des Doms, de la Radio Métropole et de la Radio Haïti Inter

 

Les cinq fois où j’ai vu mon père de Guy Régis Jr © Editions Gallimard

Ce texte est lauréat de l’Aide à la création de textes dramatiques – ARTCENA

Peintures de Nathania Périclès

« Aujourd’hui encore à l’âge où je suis vieux, je ne cesse de le chercher. Depuis la cinquième fois où j’ai vu mon père, il a disparu. Il n’est bien sûr pas encore mort. Il est bien en vie, mon père. Il ne donne toujours pas de nouvelles. Mais tout semble aller. Il a pris sa retraite, vit comme vit un Occidental au repos. »

 

Dans ce texte Guy Régis Jr poursuit son questionnement sur la famille et l’absence.

Dans mon travail, depuis des années, mère, père, fils, fille, s’entrechoquent indéfiniment. Je ne cesse d’établir la famille comme si elle était la clef de l’énigme du problème humain. C’est encore une fois le cadre de cette pièce. Le sujet est personnel, voire intime. Alors qu’il concerne bien d’autres. Car nous avons chacun subi une absence quelque part.

 

Je souhaite ici faire une radiographie de la famille, de ces familles qui ne jurent que par leur départ du pays pour des destinations multiples, vers là où ça va mieux : Etats-Unis, Canada, France, etc. Tout au long de ma vie, et aujourd’hui encore, j’ai vu passer une vraie flopée de familles misant tout dans la partance. Et c’est cela que je questionne ici. Des gens qui s’effacent d’une vie dans l’espoir de revivre une autre, laissant tout derrière eux. Sans se rendre compte de l’absence que cela génère.

 

En écrivant cela, je me rends compte que c’est aussi mon histoire personnelle. Moi aussi je viens d'une de ces familles-là. D’une certaine façon, j’ai subi cette douloureuse absence. Mon père vit depuis plus de vingt ans aux Etats-Unis. Il est depuis devenu citoyen américain. Je l'ai vu partir j'avais douze ans, quand je l'ai revu (à New York) j'en avais trente. Pendant toutes ces années, parce qu’on n'avait jamais eu aucune nouvelle de lui, j'ai souvent pensé qu'il était mort et que ma mère nous le cachait. Que nous impose l’absence ? Quels en sont les vrais stigmates ?

 

Ici, comme l’indique le titre, il s’agira donc pour moi de tenter une démarche très personnelle. Celle de notifier exactement les rares fois où j’ai eu la chance de croiser celui qui a été mon géniteur. Je voudrais replonger profondément dans ma mémoire. Prendre le recul. Car pour grandir, malgré cet écueil, il m’a fallu oublier. Refouler de préférence. Refouler est le mot approprié. On refoule en soi ces choses par le mutisme. On n’en parle pas. Au final, elles sont bien là les traces. On ne peut pas oublier les traces d’un être si important, le parent responsable. Même en faisant sa vie, il ressurgit parfois. Comme s’il avait toujours été.

 

Aujourd’hui, loin des thèmes que j’ai déjà traversés, la migration par exemple dans la pièce « Le Père », à travers ce texte c’est le mutisme que je choisis de traiter. Le mutisme qui existe dans toute société régie par des principes de vie inaliénables. 

CALENDRIER

> 21 mai 2019 : lecture au sein du Festival ZOOM, Théâtre Ouvert

> 2020/21 : résidences de création en France et en Haïti

> 17 au 30 janvier 2022 : Création à Théâtre Ouvert, co-accueil Nanterre-Amandiers, Paris

> suite diffusion : Théâtre de Liège, Belgique ; Tropiques Atrium, Fort de France, Martinique ; L'Artchipel, Basse-Terre, Guadeloupe

A l'été 2018, "Les cinq fois où j'ai vu mon père" était présenté au Festival d'Avignon dans "Ça va, ça va le monde !"

 

Dans une mise en voix d'Armel Roussel.

Une coproduction RFI-Festival d’Avignon-Cie Utopia, avec le soutien de la SACD.

© Hélène Lacroix / Guy Régis Jr
 

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